Krusty en violet.
Moi en noir.
Moi en noir.
Quelle pute, cette Ève, a cause d'elle on se prend tout sur le coin d'la gueule. C'est pas que les mecs n'ont pas certains malheurs mais, soyons réaliste, aujourd'hui il vaut mieux naître homme. Tout les sévices et autres conneries qu'on se prend, les règles douloureuses, être enceinte, et être trop romantique, ou trop porté sur l'amour. Regarde, un mec qui rend une femme enceinte, peut abandonner le gosse, mais sa mère qui le porte, aura beaucoup plus de mal. Dis moi pourquoi la guerre appartient au homme? Pourquoi on ne traite pas un homme de salaud pour le nombre de relations qu'il a entretenu alors qu'une femme, elle est forcément une salope? Et pourquoi une femme deviens horrible si elle se chope une Mst alors que pour l'homme, c'est un signe de virilité. Monsieur coupe les clitoris, bat ses femmes, car il en a plusieurs, il les tue si elles le trompent. Mais lui a tout les droits, car il a des couilles et une bite.
Moi ce qui me "choque" le plus dirons-nous c'est une chose toute simple. Combien de putes sur un trottoir passé une heure du matin? Mesdames sortent froufrous, léopards, guèpieres, bas nylons et portes-jartelles, haut perchées sur leurs talons, elles aguichent le client, un accent lointain dans la voix, et sur leurs lèvres trop maquillées, parfois un restant de poudre généreusement fournie par le mac' du coin de la ruelle. Monsieur se la coule douce, sort la nuit, dort le jours, évidement, elles veillent a ses interets, ses petites protegées importées. Sous les couches de fond de teint la haine. Et les gigolos alors? Eux, ont le droit d'etre luxueux. Les vieilles femmes ont de l'argent, jolis papillons de nuit, petit minets trainant leurs silhouettes costumées de noir dans les fêtes bourgeoises, une coupe a la main, le tout remplis de champagne millésimé, guaitant la futur vieille peau en mal d'amour prète a débourser des milles pour se sentir revivre dans ses bras. Oh oui! Elle sera fière de l'exhiber au resto' chic du bout de l'avenue. Quand a lui, indépendant, il se contentera de sourire et de lancer "C'est un métier qui me plais" Le monopole de la connerie n'est pourtant pas masculin
Et on en revient toujours a cette putain de condition féminine. Je suis grossière et "ce n'est pas bien pour une jeune fille", mais maintenant qu'est ce qu'on s'en fout ! Avant, se prostituer ca attirait autant que ca repoussait, maintenant, c'est juste des insultes. On oubli toujours les bons côtés des mauvaises choses. Etre la femme d'un soir, donner de l'amour, ou plutôt du plaisir, mais aussi de la tendresse. Etre pour une nuit. Mais au moins, exister pour quelqu'un. Maintenant, on existe que pour nous. C'est comme ca, société égoïste qui fait ce que nous sommes, un milieu qui nous transforme, une vie de conditions et de devoirs. Comme si ca ne résidait qu'en ca. On se lève pour nous même, on bosse pour nous même, on mange pour nous même, on baise pour nous même, on aime pour nous même. On ne s'arrête plus devant les étoiles, il y en a trop. Un arbre, un paysage? Et alors? Ils sont jolis, et après ? On ne prend plus de plaisir que lorsqu'on se défonce la gueule. On n'a plus de respect, on ne croit plus en rien, pas même en la religion, celle que l'homme a inventé pour se donner un but, une raison de vouloir changer le monde, un peu comme si il l'arrangeait pour le futur et non pas pour lui. Égoïste.
Se préserver. L'égoisme est surment le préservatif des gens en trop plein de souffrance. Alors oui, on pense a soi, ne plus voir les autres est une solution comme une autre. Tellement simple de n'avoir que soit a regarder, tellement plus beau de plonger dans son propre regard par l'intermediaire d'un miroir. Si Narcisse avait eu un miroir, il ne se serrait pas noyé, dans le pire des cas un geste malencontreux aurait brisé la glace et sa jugulaire tranchées par un éclat se serrait bêtement contentée de fuir comme un vieux robinet mal entretenu. C'est dommage tout de même. Tellement simple aussi de ne pas avoir a tendre la main vers l'Autre, celui qu'on ne veut plus voir. La déchéance c'est bon pour les cons, c'est ta rengaine. Mais la decheance, elle est encrée en toi, elle te parcours l'echine, elle te caresse, c'est ta maitresse. L'egoisme c'est la solitude des gens déchus.
Une carapace, la solitude, se renfermer. Et a un moment ca commence a sentir mauvais. On se fait trahir par ceux qu'on pensait aimer, car on se trompe toujours. Les gens sont cons, mais putain qu'ils le sont bien. On trouvera toujours une raison pour rejeter les autres, ceux qui n'ont rien a nous apporter. Prenons un bon verre de pinard, foutons nous dans le caniveaux, on pensera moins, on se sentira moins bête. Et ma rengaine, on verra bien. L'être humain est une machine, créée pour détruire le monde qui l'entoure. "Oh mon dieu, la planète se réchauffe par notre faute. On va arranger ca!" Mais mec c'est trop tard. Dans ce monde, ca passe ou ca casse. On fait du mal pour se faire du mal a soi, sadiques que nous sommes, sado' aussi beaucoup. C'est tellement marrant et constructif de s'appitoyer sur son sort, pour sortir, deux minutes plus tard, les petits africains qui meurt de faim, et se dire : "je suis tellement bien, j'ai une belle vie comparée a eux." Mais rien ne se compare. Je ne suis pas heureuse et personne ne peut le dire concrètement. Il faudrait être totalement drogué, ou inquiéter les autres. Les problèmes se suivent toujours, il sont une chaine, il sont des phases, ils sont des épisodes. Et on meurt tous à la fin. Amen. On dit ca, mais on se plain encore une fois. Pourtant je suis heureuse de cette vie. A bas les masques, comme je te disais, si je continue à faire la grimace et que les cloches sonnent, je vais resté avec cette sale gueule.
Les sales gueules n'empechent pourtant pas les sentiments. Parfois on aimerait etre vidées de toutes emotions, c'est vrai, mais de la a tomber le masque l'ecart est peut etre un peu brutal. Ce serrait comme crier aux acteurs d'une scène nommée Monde, ce que l'on est vraiment. Regardez, Messieurs Dames, la laideur de mon ame! Vous detournez le regard? Alors quoi je fais si peur que ca? Mais regardez vous plutot belle demoiselle, joli monsieur, regardez cet amas de sentiments de hontes, de culpabilités et de mépris, regardez ces souffrances, elles sont similaires aux votres, oh pas en tout point, tout serrait trop simple, il suffirait alors de me tuer pour echaper a cette vision. Brise le miroir, et c'est sept ans de malheurs, souvient en. On se devoile, a ses amis, a ceux qu'on estime pret, avec qui on se sent en confiance, mais jamais totalement. On garde tous notre charmante monstruosité pour nos etats d'ames muets et les dialogues avec notre amie Conscience. Et moi je porte l'etiquette "fille bien". Du moins je voudrais.



